Vous voulez reprendre la main sur vos photos sans confier toute votre bibliothèque à Google Photos ou iCloud ? Immich est aujourd’hui l’une des options open source les plus séduisantes pour héberger ses souvenirs à la maison. Sur un Raspberry Pi 5, le projet devient réaliste, à condition de ne pas le traiter comme une simple petite application légère.
3 points clés
- Immich est pensé pour l’auto-hébergement : sauvegarde mobile, interface web, recherche, albums et gestion des vidéos.
- Le Raspberry Pi 5 convient pour un foyer, surtout avec 8 Go de RAM, un SSD et Docker correctement installé.
- La limite n’est pas l’installation, mais l’exploitation : stockage, sauvegardes, mises à jour et sécurité doivent être prévus dès le départ.
Verdict rapide
Notre avis : Immich sur Raspberry Pi 5 est une excellente idée pour une photothèque familiale, mais pas pour improviser un cloud public. Si vous cherchez une alternative privée à Google Photos à la maison, c’est l’un des meilleurs projets à tester. Si vous voulez gérer plusieurs utilisateurs, beaucoup de vidéos 4K et un accès distant permanent, un mini PC x86 ou un NAS plus robuste restera plus confortable.
C’est quoi Immich, et pour qui ?
Immich se présente comme une solution de gestion de photos et vidéos auto-hébergée. Le site officiel met en avant la sauvegarde, l’organisation et la consultation de vos médias sur votre propre serveur, avec des applications mobiles et une interface web. En clair : vous installez le serveur chez vous, puis votre téléphone envoie les photos vers votre machine.

Sur Raspberry Pi, Immich intéresse surtout trois profils : les utilisateurs qui veulent apprendre Docker avec un vrai projet utile, les familles qui souhaitent centraliser leurs photos à la maison, et les technophiles qui veulent réduire leur dépendance aux clouds fermés. Ce n’est pas un projet “installer et oublier” : il faut accepter de maintenir son serveur.
Prérequis recommandés sur Raspberry Pi 5
La documentation Immich indique une installation recommandée avec Docker Compose et un minimum matériel d’au moins 6 Go de RAM, 2 cœurs CPU et Docker. Pour un Raspberry Pi 5, cela oriente naturellement vers le modèle 8 Go, avec un SSD plutôt qu’une carte microSD.
- Raspberry Pi 5 8 Go de préférence.
- SSD USB 3 ou NVMe via HAT compatible.
- Alimentation officielle ou bloc USB-C fiable.
- Raspberry Pi OS 64-bit à jour.
- Docker et Docker Compose.
- Un plan de sauvegarde séparé du disque principal.
Comment installer Immich sur Raspberry Pi 5
La méthode recommandée par Immich est Docker Compose. L’idée est de créer un dossier de projet, télécharger le fichier docker-compose.yml, télécharger le fichier d’environnement .env, puis démarrer les conteneurs.
mkdir ./immich-app
cd ./immich-app
wget -O docker-compose.yml https://github.com/immich-app/immich/releases/latest/download/docker-compose.yml
wget -O .env https://github.com/immich-app/immich/releases/latest/download/example.env
Avant de lancer le service, modifiez au minimum UPLOAD_LOCATION pour pointer vers le disque qui stockera vos photos, DB_DATA_LOCATION pour la base PostgreSQL locale, TZ pour le fuseau horaire et DB_PASSWORD pour remplacer le mot de passe par défaut.
docker compose up -d
Une fois le serveur lancé, l’interface web est généralement accessible sur http://adresse-du-raspberry-pi:2283. Le premier compte créé devient administrateur, puis vous pouvez connecter l’application mobile et activer la sauvegarde des albums choisis.
Tableau comparatif : Immich sur Pi 5 ou autre solution ?
| Solution | Avantage | Limite | Pour qui ? |
|---|---|---|---|
| Immich sur Raspberry Pi 5 | Privé, économique, très formateur | Performances limitées sur gros volumes et vidéos | Foyer, bidouilleur, photothèque personnelle |
| Immich sur mini PC | Plus rapide pour l’indexation et les vidéos | Consommation et prix parfois supérieurs | Bibliothèque volumineuse, plusieurs utilisateurs |
| Google Photos / iCloud | Très simple, excellent mobile | Dépendance au cloud, abonnement, contrôle limité | Utilisateur qui veut zéro maintenance |
| Synology Photos | Intégration NAS clé en main | Écosystème propriétaire | Utilisateur déjà équipé d’un NAS Synology |
Points forts
- Interface moderne, proche des usages de Google Photos.
- Applications mobiles pratiques pour sauvegarder les photos du téléphone.
- Projet open source actif, documenté et largement adopté dans la communauté self-hosted.
- Très bon cas d’usage pour apprendre Docker sur Raspberry Pi.
- Vos médias restent sur votre stockage, sous votre contrôle.
Limites à connaître
- Immich évolue vite : lisez les notes de version avant les mises à jour.
- La reconnaissance, l’indexation et les traitements vidéo peuvent être lents sur Raspberry Pi.
- Une carte microSD n’est pas adaptée pour une grosse bibliothèque photo.
- Un serveur photo sans sauvegarde externe reste un risque majeur.
- L’exposition sur Internet demande une vraie configuration HTTPS et sécurité.
Checklist avant de confier vos photos à Immich
- Votre bibliothèque tient sur un SSD avec marge de croissance.
- Vous avez une sauvegarde automatique vers un autre disque ou un autre lieu.
- Vous savez restaurer un dossier et une base de données PostgreSQL.
- Vous avez testé l’import avec quelques centaines de photos avant de tout migrer.
- Vous avez prévu une méthode d’accès distant prudente : VPN, reverse proxy maîtrisé ou accès local uniquement.
Alternatives et variantes
Si votre priorité est la simplicité absolue, Google Photos ou iCloud restent plus faciles. Si vous voulez un serveur maison plus généraliste, CasaOS ou OpenMediaVault peuvent accompagner Immich, mais évitez d’empiler trop de services sur le même Raspberry Pi. Pour une grosse bibliothèque familiale avec beaucoup de vidéos, un mini PC basse consommation avec SSD offrira une meilleure marge.
Questions fréquentes
Immich fonctionne-t-il vraiment sur Raspberry Pi 5 ?
Oui, surtout avec le Raspberry Pi 5 8 Go et un SSD. Il faut simplement accepter que les traitements lourds, comme l’analyse et certaines tâches vidéo, soient moins rapides que sur un mini PC.
Peut-on remplacer Google Photos ?
Pour la sauvegarde et la consultation familiale, oui, Immich peut couvrir l’essentiel. Pour la tranquillité totale sans maintenance, les services cloud restent plus simples.
Faut-il ouvrir Immich sur Internet ?
Pas forcément. Pour beaucoup de foyers, un accès local ou via VPN suffit. Si vous ouvrez l’accès à Internet, ajoutez HTTPS, mises à jour régulières et mots de passe solides.
Sources utiles
Article rédigé par Vincent Vandegans pour Raspberry Pi France.




