Raspberry Pi : montez votre bouclier de cybersécurité maison avec WireGuard, Pi-hole et Unbound

Si vous cherchez le projet le plus utile à réaliser avec votre Raspberry Pi en 2025-2026, ne cherchez plus : la stack WireGuard + Pi-hole + Unbound est devenue la combinaison de référence chez tous ceux qui veulent reprendre le contrôle de leur réseau domestique. Trois outils open source, un Raspberry Pi, et vous obtenez un véritable bouclier de cybersécurité personnel – plus un VPN pour accéder à votre réseau où que vous soyez. C’est exactement le genre de montage que décrypte régulièrement 0xHack, un blog francophone consacré au hacking éthique et à la sécurité informatique.

Pourquoi cette combinaison est devenue LA référence

Chacune des trois briques fait un travail simple, mais ensemble elles transforment un Raspberry Pi en poste de sécurité complet :

  • WireGuard – un VPN ultra-rapide, open source et minimaliste. Il vous permet d’accéder à votre réseau depuis l’extérieur en toute sécurité, ou de chiffrer tout le trafic de vos appareils mobiles quand vous êtes en déplacement.
  • Pi-hole – le fameux « bloqueur de pubs réseau ». Il filtre au niveau DNS toutes les requêtes de vos appareils et bloque publicités, trackers et domaines malveillants pour tout le réseau, sans rien installer sur chaque appareil.
  • Unbound – un serveur DNS récursif local. Vos requêtes DNS ne transitent plus par Google ou Cloudflare : votre Raspberry Pi interroge directement les serveurs racine, ce qui renforce votre confidentialité et réduit votre dépendance aux géants du web.

Le résultat est simple à résumer : un bouclier de cybersécurité pour tout le foyer, piloté par une seule petite machine qui consomme quelques watts.

Ce que ça vous apporte au quotidien

Concrètement, après une après-midi d’installation, vous obtenez :

  • Un réseau sans publicités ni trackers : sur le PC, la télé, le smartphone des enfants, les objets connectés… tout passe par le filtre Pi-hole. Les pages se chargent plus vite, et vous dites adieu aux bannières invasives.
  • Une vraie confidentialité DNS : personne – ni votre opérateur, ni Google, ni Cloudflare – ne voit plus la liste des sites que vous consultez. Unbound fait le travail de résolution en local.
  • Un VPN personnel fiable : connecté depuis l’extérieur (un café, un hôtel, le bureau), vous retrouvez votre réseau comme si vous étiez chez vous, avec le blocage Pi-hole qui s’applique aussi à votre trafic mobile.

C’est le combo idéal pour qui veut se protéger sans dépendre d’un service commercial, et sans compétence poussée en sécurité.

Le matériel nécessaire

La bonne nouvelle : pas besoin de matériel coûteux.

ÉlémentRecommandation
Raspberry PiPi 4 ou Pi 5 pour un usage familial complet
Alternative économiqueUn Zero 2 W suffit largement pour un usage léger (quelques appareils)
Carte SDUne carte de 16 Go minimum, classe A1 idéalement
AlimentationL’alimentation officielle (indispensable pour la stabilité)
ConnexionUn réseau local filaire de préférence pour le Pi

Comptez une difficulté intermédiaire : si vous savez déjà ouvrir un terminal et installer des paquets, vous êtes parfaitement outillé. L’installation complète prend généralement une à deux heures, et le plus long est souvent la configuration du VPN sur vos appareils mobiles.

Installation, étape par étape

L’installation se fait en trois temps, sur un Raspberry Pi OS fraîchement installé (64 bits recommandé).

1. Pi-hole, le cœur du filtre réseau

Le script d’installation officiel fait tout le travail : il configure le serveur DHCP, installe le service DNS et met en place l’interface web d’administration.

curl -sSL https://install.pi-hole.net | bash

Une fois installé, l’interface web (accessible sur http://<ip-du-pi>/admin) vous donne un tableau de bord clair : requêtes bloquées, domaines les plus sollicités, graphiques en temps réel.

2. Unbound, pour un DNS vraiment indépendant

Pi-hole utilise par défaut les résolveurs DNS de votre choix (Google, Cloudflare…). En installant Unbound, vous le faites fonctionner en mode récursif : votre Pi devient son propre résolveur.

sudo apt install unbound

Pi-hole propose un guide officiel très détaillé pour intégrer Unbound comme résolveur local, avec le fichier de configuration recommandé. L’essentiel est de pointer la partie « DNS personnalisé » de Pi-hole vers 127.0.0.1#5335, le port local d’Unbound.

3. PiVPN, pour le VPN WireGuard en quelques minutes

PiVPN est l’outil qui a démocratisé l’installation de WireGuard sur Raspberry Pi :

curl -sS https://install.pivpn.io | bash

Le script vous guide : choix du protocole (WireGuard), port d’écoute, génération des clés. Ensuite, pour chaque appareil (téléphone, ordinateur portable), une seule commande génère un profil utilisateur :

pivpn add

Un QR code s’affiche, que vous scannez avec l’application WireGuard officielle. C’est littéralement tout : votre VPN personnel est en service.

WireGuard, le protocole VPN qui a tout changé

Si le choix de WireGuard n’est pas anodin, c’est qu’il a profondément transformé le monde des VPN. Là où les anciens protocoles (OpenVPN, IPsec) étaient lourds et parfois capricieux sur mobile, WireGuard est un fichier unique de quelques centaines de lignes : ultra-rapide, consommant très peu de ressources, et suffisamment robuste pour être intégré directement dans le noyau Linux. Sur un Raspberry Pi Zero 2 W, il tourne sans broncher.

Pour autant, monter son propre VPN n’est pas la seule option. Selon vos usages – streaming, gaming, téléchargement, ou simplement protéger une navigation occasionnelle – une solution commerciale peut être plus adaptée (serveurs répartis partout dans le monde, applications clés en main, aucun matériel à maintenir). Ce  comparatif VPN par usage vous aidera à trancher en fonction de votre besoin réel : l’article y compare les offres du marché sur des critères concrets comme la vitesse, le respect de la vie privée et le prix.

Mon conseil : commencez par le VPN maison avec PiVPN – le plaisir de la bidouille et la satisfaction d’un réseau 100 % sous votre contrôle valent le détour. Et gardez l’option commerciale en tête si vos besoins évoluent.

Astuces pour tirer le meilleur de votre stack

  • Accédez à votre VPN depuis l’extérieur : si votre IP publique est dynamique, installez un client DDNS sur le Pi (ou utilisez le service de votre box) pour conserver un nom de domaine stable vers lequel pointer vos clients WireGuard.
  • Pensez au port forwarding : une seule redirection de port (51820/UDP en général) suffit sur votre box, en direction du Raspberry Pi.
  • Mettez à jour régulièrement : un Pi qui tourne 24h/24 doit recevoir ses mises à jour. Un simple sudo apt update && sudo apt upgrade hebdomadaire, automatisable avec cron.
  • Surveillez vos stats : le tableau de bord Pi-hole est aussi un excellent outil pour repérer un appareil compromis ou un trafic suspect sur votre réseau. Un comportement anormal se voit immédiatement dans les requêtes bloquées.

Pour qui est fait ce projet ?

Ce stack s’adresse à toute personne qui veut un réseau domestique plus sûr sans dépendre d’aucun service tiers : les amateurs de DIY qui aiment la satisfaction de monter les choses soi-même, les parents qui veulent un filtrage efficace pour toute la famille, les télétravailleurs qui se connectent depuis l’extérieur, et tous ceux qui commencent à prendre la cybersécurité au sérieux – un sujet de plus en plus central, y compris pour les particuliers.

Le matériel est accessible, la difficulté raisonnable, et le résultat est immédiatement utile : un réseau sans pubs, un DNS privé et un VPN personnel. Trois briques, un Raspberry Pi, et vous reprenez le contrôle de votre vie numérique. Difficile de faire plus rentable avec une carte à 40 euros.

Publié dans le(s) catégorie(s) : Projets

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