Vous voulez centraliser vos sauvegardes, vos photos et vos fichiers sans acheter un NAS Synology ou QNAP ? Avec un Raspberry Pi 5, un SSD et OpenMediaVault, il est possible de monter un petit NAS maison propre, administrable depuis un navigateur et suffisamment rapide pour la plupart des usages familiaux.
3 points clés à retenir
- OpenMediaVault est une distribution NAS basée sur Debian, avec une interface web et des services comme SMB/CIFS, SSH, SFTP, rsync et des plugins.
- Le Raspberry Pi 5 est le modèle le plus intéressant pour ce projet grâce à son Gigabit Ethernet, ses ports USB 3.0 et son connecteur PCIe pour adaptateur NVMe.
- Le vrai point critique n’est pas le logiciel, mais le stockage : évitez de confier vos données importantes à une simple microSD.
Verdict rapide
OpenMediaVault sur Raspberry Pi 5 est une excellente solution pour un NAS maison simple : sauvegardes Time Machine ou Windows, partage de documents, médiathèque légère, synchronisation locale, dossiers familiaux. C’est moins compact qu’un NAS du commerce et cela demande un peu de méthode, mais le rapport prix/flexibilité est très bon si vous aimez garder la main.
C’est quoi OpenMediaVault ?
OpenMediaVault est une solution NAS open source basée sur Debian Linux. Le site officiel la présente comme une plateforme de stockage réseau pensée pour les petites structures et la maison, avec une administration web, le partage de fichiers, la gestion des volumes, S.M.A.R.T., Wake-on-LAN, IPv6, les notifications email et un système de plugins.

Pour un Raspberry Pi, son intérêt est clair : vous évitez de tout configurer à la main en ligne de commande. Les partages SMB, les utilisateurs, les permissions, les disques et certains services se pilotent depuis un tableau de bord.
Pour qui est-ce une bonne idée ?
Ce montage est pertinent si vous voulez un NAS discret pour la maison, sans abonnement cloud et sans grosse consommation électrique. Il convient particulièrement aux sauvegardes de PC, au partage de fichiers entre plusieurs machines, au stockage de documents, à une petite médiathèque ou à un serveur de photos auto-hébergé.
En revanche, ce n’est pas le meilleur choix si vous cherchez une solution zéro maintenance, quatre baies hot-swap, de la virtualisation intensive ou du transcodage vidéo 4K pour toute la famille. Dans ces cas, un mini PC avec plusieurs ports SATA ou un NAS dédié reste plus confortable.
Matériel conseillé pour un NAS Raspberry Pi 5
| Élément | Recommandation | Pourquoi |
|---|---|---|
| Carte | Raspberry Pi 5 4 Go ou 8 Go | Assez de puissance pour SMB, sauvegardes et petits services |
| Stockage | SSD USB 3.0 ou NVMe via HAT PCIe | Plus fiable et rapide qu’une microSD |
| Alimentation | Alimentation officielle ou modèle 5 V / 5 A fiable | Évite les coupures et baisses de tension |
| Boîtier | Boîtier ventilé | Le Pi 5 chauffe davantage que les anciens modèles |
| Réseau | Ethernet Gigabit | Plus stable que le Wi-Fi pour un NAS |
Installation : la méthode simple
- Installez Raspberry Pi OS Lite 64-bit ou une base Debian compatible sur un support fiable.
- Branchez le Raspberry Pi 5 en Ethernet et mettez le système à jour.
- Installez OpenMediaVault selon la documentation officielle du projet, puis redémarrez.
- Connectez-vous à l’interface web depuis un navigateur sur le réseau local.
- Ajoutez votre disque de données, créez un système de fichiers, puis montez-le.
- Créez vos utilisateurs, vos groupes et vos dossiers partagés.
- Activez SMB/CIFS pour les ordinateurs Windows, macOS et Linux du foyer.
- Testez une copie de fichiers, puis configurez les sauvegardes automatiques.
Astuce importante : gardez une séparation nette entre le disque système et le disque de données. Si le système doit être réinstallé, vos fichiers seront plus faciles à récupérer.
Performances attendues
Sur un réseau Gigabit, le plafond théorique est autour de 125 Mo/s. En pratique, avec un bon SSD et une configuration propre, un Raspberry Pi 5 peut approcher des débits très corrects pour un usage domestique. Le Wi-Fi est possible, mais il enlève l’un des grands avantages d’un NAS : la stabilité.
Le connecteur PCIe du Raspberry Pi 5 ouvre aussi la porte aux SSD NVMe via un HAT compatible. C’est intéressant pour un NAS compact, mais il faut choisir un adaptateur et un boîtier qui refroidissent correctement l’ensemble.
Points forts
- Interface web claire pour gérer partages, utilisateurs et services.
- Base Debian connue et documentée.
- Très bon projet pour apprendre le stockage réseau et Linux.
- Consommation réduite par rapport à un vieux PC recyclé.
- Écosystème Raspberry Pi riche : boîtiers, HAT NVMe, alimentations, accessoires.
Limites à connaître
- Pas de baies disques natives : il faut gérer les boîtiers USB ou adaptateurs.
- La microSD n’est pas adaptée comme stockage principal de données.
- Un RAID logiciel sur USB n’est pas toujours idéal.
- La sauvegarde externe reste obligatoire : un NAS n’est pas une sauvegarde à lui seul.
- Quelques opérations système demandent encore de comprendre Linux.
Checklist avant de stocker vos vrais fichiers
- Changer le mot de passe administrateur par défaut.
- Créer un utilisateur dédié pour les partages.
- Activer S.M.A.R.T. si le disque le permet.
- Configurer des notifications ou au minimum une routine de vérification.
- Tester une restauration de sauvegarde, pas seulement une sauvegarde.
- Prévoir une copie hors NAS : disque externe, autre machine ou cloud chiffré.
Alternatives à OpenMediaVault
Si vous voulez une interface plus orientée “serveur d’applications”, CasaOS ou Umbrel peuvent être plus simples pour installer des apps. Si vous préférez tout contrôler, un Raspberry Pi OS Lite avec Samba configuré à la main suffit. Pour une solution plus robuste avec plusieurs disques, TrueNAS est excellent, mais il est beaucoup moins adapté au format Raspberry Pi.
Questions fréquentes
OpenMediaVault fonctionne-t-il sur Raspberry Pi 5 ?
Oui, à condition de partir d’une base Debian ou Raspberry Pi OS Lite compatible et de suivre la documentation officielle. Le Raspberry Pi 5 est même plus confortable que les anciens modèles pour ce type d’usage.
Un SSD est-il obligatoire ?
Il n’est pas obligatoire pour tester, mais il est fortement recommandé pour un NAS utilisé au quotidien. Une microSD est fragile pour des écritures fréquentes.
Peut-on l’utiliser comme serveur multimédia ?
Oui pour stocker et partager une médiathèque. Pour le transcodage vidéo lourd, il vaut mieux limiter les attentes ou choisir un matériel plus puissant.
Conclusion
OpenMediaVault transforme le Raspberry Pi 5 en NAS maison crédible, surtout si vous privilégiez un SSD, l’Ethernet et une alimentation fiable. Ce n’est pas un remplaçant parfait d’un NAS quatre baies, mais c’est l’un des meilleurs projets Raspberry Pi pour apprendre, reprendre la main sur ses données et créer un stockage local utile au quotidien.
Article rédigé par Vincent Vandegans.




