Vous avez un Raspberry Pi qui fait tourner Home Assistant, Pi-hole, un NAS maison, Jellyfin ou quelques conteneurs Docker ? Le vrai problème n’est pas seulement de les installer : c’est de savoir rapidement quand l’un d’eux ne répond plus. Uptime Kuma sur Raspberry Pi répond précisément à ce besoin, avec une interface claire, des alertes et une installation Docker très accessible.
Les 3 points clés
- Uptime Kuma est un outil de monitoring auto-hébergé : il surveille des sites, ports, services HTTP, conteneurs ou équipements du réseau local.
- Un Raspberry Pi 4 ou Raspberry Pi 5 suffit largement pour un usage maison, surtout si vos données Docker sont sur un stockage fiable.
- Le meilleur scénario : l’installer avec Docker, sauvegarder le volume
/app/dataet ajouter des notifications Telegram, Discord, e-mail ou autre canal compatible.
Verdict rapide
Notre avis : Uptime Kuma est l’un des meilleurs petits projets à installer sur un Raspberry Pi domestique. Il ne remplace pas une supervision professionnelle complète, mais il donne en quelques minutes une réponse très utile : « est-ce que mon service fonctionne encore ? ». Pour un serveur maison, c’est souvent exactement ce qu’il faut.

C’est quoi Uptime Kuma, et pour qui ?
Uptime Kuma se présente comme un outil de monitoring auto-hébergé. Concrètement, vous l’installez sur votre Raspberry Pi, puis vous ajoutez des « moniteurs » : une URL, une adresse IP, un port TCP, un ping, un service DNS ou encore une page de statut. L’outil vérifie régulièrement que tout répond, historise les incidents et peut envoyer une alerte.
Il est particulièrement pertinent si vous avez déjà un Raspberry Pi allumé en permanence pour de la domotique, du réseau ou du self-hosting. Les profils les plus concernés : utilisateurs de Home Assistant, Pi-hole, serveur web local, NAS léger, reverse proxy, box domotique ou petit homelab Docker.
Prérequis recommandés sur Raspberry Pi
- Un Raspberry Pi 4 ou Raspberry Pi 5 avec Raspberry Pi OS 64 bits.
- Docker et Docker Compose installés.
- Un stockage stable : carte microSD de qualité au minimum, SSD conseillé si vous hébergez déjà plusieurs services.
- Une adresse IP locale fixe ou une réservation DHCP dans la box.
- Un canal d’alerte préparé : e-mail, Telegram, Discord, Slack, ntfy, Gotify ou webhook.
Installation rapide avec Docker
La page officielle d’Uptime Kuma affiche une commande Docker très simple. Sur Raspberry Pi, je préfère toutefois utiliser Docker Compose : c’est plus lisible, plus facile à sauvegarder et plus propre pour les mises à jour.
mkdir -p ~/docker/uptime-kuma
cd ~/docker/uptime-kuma
nano compose.yml
Collez ensuite ce fichier :
services:
uptime-kuma:
image: louislam/uptime-kuma:2
container_name: uptime-kuma
restart: unless-stopped
ports:
- "3001:3001"
volumes:
- ./data:/app/data
Puis lancez le service :
docker compose up -d
L’interface devient disponible à l’adresse http://adresse-ip-du-raspberry-pi:3001. Au premier démarrage, créez le compte administrateur, puis ajoutez vos premiers moniteurs.
Point important : la documentation officielle recommande de placer le dossier /app/data sur un stockage local ou un volume Docker compatible avec les verrous POSIX. Évitez donc de stocker la base SQLite d’Uptime Kuma sur un partage réseau douteux, car cela peut provoquer de la corruption de données.
Quels services surveiller en priorité ?
| Service | Type de moniteur conseillé | Pourquoi c’est utile |
|---|---|---|
| Home Assistant | HTTP(s) | Savoir si la domotique répond toujours. |
| Pi-hole | DNS ou TCP 53 | Détecter une panne DNS qui bloque toute la maison. |
| NAS / Samba | TCP 445 ou ping | Vérifier l’accès aux fichiers. |
| Reverse proxy | HTTP(s) + certificat | Contrôler les sites exposés et l’expiration TLS. |
| Box Internet | Ping passerelle | Distinguer panne locale et coupure opérateur. |
Alertes : le réglage à ne pas oublier
Un tableau de bord est pratique, mais une alerte est encore plus utile. Configurez au minimum une notification pour les services critiques. Pour éviter le bruit, commencez avec un intervalle raisonnable, par exemple une vérification toutes les 60 secondes ou 5 minutes selon l’importance du service, puis ajustez après quelques jours.
Points forts et limites
Points forts
- Installation très rapide en Docker.
- Interface lisible, même pour débuter.
- Nombreux canaux de notification.
- Pages de statut pratiques pour un homelab.
- Parfait pour un Raspberry Pi toujours allumé.
Limites
- Ce n’est pas un remplaçant complet de Prometheus/Grafana.
- Une panne du Raspberry Pi rend le monitoring indisponible.
- Les sauvegardes du volume Docker restent indispensables.
- Il faut régler les alertes pour éviter les faux positifs.
Alternatives à connaître
- Netdata : excellent pour les métriques système détaillées.
- Prometheus + Grafana : plus puissant, mais plus lourd à configurer.
- Healthchecks.io : très bon pour surveiller des tâches planifiées et sauvegardes.
- Pi-hole Teleporter + logs : utile pour Pi-hole, mais pas généraliste.
Questions fréquentes
Uptime Kuma fonctionne-t-il bien sur Raspberry Pi 3 ?
Oui pour quelques moniteurs, mais un Raspberry Pi 4 ou 5 est plus confortable, surtout si Docker héberge déjà d’autres services.
Faut-il exposer Uptime Kuma sur Internet ?
Pas forcément. Pour un usage maison, gardez l’interface en local ou passez par un VPN. Si vous l’exposez, utilisez HTTPS, un reverse proxy bien configuré et un mot de passe robuste.
Quelle est la meilleure sauvegarde ?
Sauvegardez le dossier monté sur /app/data. C’est là que se trouvent la configuration, les moniteurs et l’historique.
Peut-on surveiller un site externe ?
Oui. Uptime Kuma peut surveiller des URL publiques, mais gardez en tête qu’un monitoring hébergé chez vous dépend aussi de votre connexion Internet.
Conclusion
Si votre Raspberry Pi héberge déjà plusieurs services, Uptime Kuma est un ajout presque évident. Il est léger, visuel et assez simple pour un usage domestique. Installez-le en Docker, sauvegardez son volume et commencez par surveiller les services qui bloqueraient vraiment la maison en cas de panne.
Article rédigé par Vincent Vandegans pour Raspberry Pi France.




