Vous voulez garder vos dépôts Git à la maison, sans dépendre uniquement de GitHub ou GitLab.com ? Forgejo sur Raspberry Pi est une option sérieuse pour héberger du code, documenter vos projets domotiques ou versionner vos configurations Docker en local.
3 points clés
- Forgejo est une forge Git communautaire, légère et open source, issue de l’écosystème Gitea.
- Sur Raspberry Pi 4 ou Raspberry Pi 5, il convient très bien à un usage personnel, familial ou petit atelier.
- Le meilleur choix reste une installation Docker avec stockage persistant, sauvegardes régulières et accès HTTPS via reverse proxy.
Verdict rapide
Notre avis : Forgejo est l’un des meilleurs services à auto-héberger sur Raspberry Pi si vous voulez un Git privé, simple à administrer et moins lourd qu’un GitLab complet. Il n’est pas fait pour remplacer une plateforme DevOps d’entreprise, mais il est excellent pour des projets personnels, des scripts maison, des playbooks Ansible, des configurations Home Assistant ou des notes techniques versionnées.
C’est quoi Forgejo, et pour qui ?
Forgejo permet de créer des dépôts Git, gérer des tickets, documenter des projets dans un wiki, suivre des pull requests et collaborer à petite échelle. L’intérêt sur Raspberry Pi est clair : vous transformez un mini-serveur basse consommation en forge privée disponible sur votre réseau local.
Il s’adresse surtout aux bricoleurs Raspberry Pi, développeurs indépendants, makers, administrateurs homelab et utilisateurs qui veulent garder la main sur leurs données. Pour un débutant, l’interface reste accessible, à condition d’être déjà à l’aise avec Docker, SSH et les sauvegardes.
Prérequis recommandés sur Raspberry Pi
- Raspberry Pi 4 ou Raspberry Pi 5, idéalement avec 4 Go de RAM ou plus.
- Raspberry Pi OS 64-bit, Debian ou Ubuntu Server.
- Docker et Docker Compose installés.
- Stockage fiable : SSD USB plutôt qu’une carte microSD seule.
- Nom de domaine ou sous-domaine si vous voulez un accès externe en HTTPS.
- Sauvegarde automatique du dossier de données Forgejo et de la base.
Installation simple avec Docker Compose
La méthode la plus propre consiste à isoler Forgejo dans Docker. Exemple de base à adapter selon votre réseau et votre politique de sauvegarde :
mkdir -p ~/forgejo/data cd ~/forgejo nano docker-compose.yml
services:
forgejo:
image: codeberg.org/forgejo/forgejo:latest
container_name: forgejo
restart: unless-stopped
ports:
- "3000:3000"
- "2222:22"
volumes:
- ./data:/data
environment:
- USER_UID=1000
- USER_GID=1000
- FORGEJO__server__DOMAIN=git.local
- FORGEJO__server__ROOT_URL=http://git.local:3000/
Lancez ensuite le service :
docker compose up -d
Ouvrez http://adresse-du-raspberry-pi:3000, puis terminez l’assistant d’installation. Pour un usage local, SQLite peut suffire. Pour un usage plus intensif, préférez PostgreSQL ou MariaDB dans un conteneur séparé.
Configuration utile après l’installation
- Créer un compte administrateur fort et désactiver l’inscription publique si le service est exposé.
- Configurer l’URL racine correcte avant de créer beaucoup de dépôts.
- Prévoir une sauvegarde quotidienne du dossier
data. - Limiter l’accès SSH au port choisi, par exemple
2222. - Ajouter un reverse proxy Caddy, Nginx Proxy Manager ou Traefik pour HTTPS.
- Tester un clone, un push et une restauration de sauvegarde.
Tableau comparatif : Forgejo, Gitea ou GitLab ?
| Solution | Intérêt sur Raspberry Pi | Limite principale |
|---|---|---|
| Forgejo | Très bon équilibre entre légèreté, fonctions Git et projet communautaire | Moins riche qu’un GitLab complet pour le DevOps avancé |
| Gitea | Très proche techniquement, documentation abondante | Choix plus discutable si vous privilégiez une gouvernance communautaire |
| GitLab | Plateforme complète avec CI/CD puissante | Trop lourd pour beaucoup de Raspberry Pi domestiques |
| GitHub privé | Zéro maintenance serveur | Dépendance à un service externe et moins de contrôle local |
Points forts
- Interface familière pour qui connaît GitHub ou Gitea.
- Consommation raisonnable pour un Raspberry Pi récent.
- Très pratique pour versionner des configurations de serveur maison.
- Fonctions essentielles : dépôts, issues, pull requests, wiki, organisations.
- Déploiement Docker facile à sauvegarder et migrer.
Limites à connaître
- Un SSD est fortement conseillé si vous poussez souvent du code ou de gros fichiers.
- L’exposition sur Internet demande une vraie attention sécurité : HTTPS, mots de passe, mises à jour, pare-feu.
- Les workflows CI peuvent devenir lourds sur un Raspberry Pi si vous lancez beaucoup de builds.
- Comme tout service auto-hébergé, la sauvegarde est votre responsabilité.
Alternatives et variantes
Si vous voulez seulement synchroniser du code entre deux machines, un simple dépôt Git bare en SSH peut suffire. Si vous voulez une interface web légère, Forgejo ou Gitea sont les choix les plus adaptés. Pour de gros pipelines CI/CD, mieux vaut garder GitHub Actions, GitLab.com ou un serveur x86 plus puissant.
Questions fréquentes
Forgejo fonctionne-t-il sur Raspberry Pi 5 ?
Oui. Un Raspberry Pi 5 avec SSD est confortable pour quelques utilisateurs et plusieurs dépôts. Pour un usage familial ou homelab, c’est généralement suffisant.
Peut-on utiliser Forgejo sans l’exposer à Internet ?
Oui, c’est même le scénario le plus simple. Vous pouvez l’utiliser uniquement sur le réseau local, ou via un VPN comme Tailscale ou WireGuard.
Forgejo remplace-t-il GitHub ?
Pour des dépôts privés, de la documentation et des projets personnels, oui. Pour la visibilité open source, les intégrations très nombreuses ou les actions cloud prêtes à l’emploi, GitHub reste plus pratique.
Faut-il choisir SQLite ou PostgreSQL ?
SQLite suffit pour commencer et simplifie la maintenance. PostgreSQL devient intéressant si vous prévoyez plusieurs utilisateurs, beaucoup d’activité ou une architecture plus durable.
Article rédigé par Vincent Vandegans, passionné de Raspberry Pi, Linux, domotique et auto-hébergement.




